C'est toujours avec le même bonheur un peu sensuel que, arrivée sur son palier, Joëlle sort son trousseau de clés de sa poche, et qu'elle introduit l'une d'entre elles dans la serrure de la porte de son appartement.
Comme il est agréable, après une journée un peu mouvementée, de se retrouver chez soi. Et seule... Car, à vingt-sept ans, la belle jeune femme blonde est toujours une célibataire endurcie. Elle a systématiquement “plaqué” toutes les filles qui voulaient partager un peu plus que son lit ! Si Joëlle apprécie la sensualité d'un beau corps de femme, elle apprécie aussi -et peut-être encore plus- de rentrer chez elle à l'heure des fonctionnaires, d'enfiler sa robe de chambre et ses pantoufles, et d'écouter de la musique en sirotant le dernier petit café de la journée. Et puis, après avoir grignoté un plat surgelé en regardant un téléfilm américain un peu niais, de savourer, pour elle toute seule, le confort de son grand lit.
Mais les douces pensées “pantouflardes” de Joëlle sont interrompues par une violente bourrade qui l'envoie valdinguer sur la moquette du palier.
Même si Joëlle a, depuis quelque temps, un peu délaissé son entraînement de judo, c'est comme la bicyclette, ça ne s'oublie pas ! Une roulade rapide lui permet de se redresser à temps pour saisir le sac de sport que le grand type blond porte sur l'épaule. Ce dernier préfère s'en débarrasser et foncer vers la porte de l'escalier de service. Joëlle, utilisant l'élan que le sac, visiblement assez lourd, a pris en se détachant de l'épaule du jeune voyou, le projette avec force derrière elle, car, du coin de l'½il, elle a remarqué, sortant à son tour de l'appartement, une jeune fille au type maghrébin.
La fille prend le sac en plein dans le ventre. Le souffle instantanément coupé, elle tombe lourdement sur ses fesses. Joëlle ramasse le sac et le lance dans l'appartement, puis avant que la gamine ait repris ses sens, elle la propulse à la suite du sac. Elle jette ses clés sur une petite table et, d'un coup de pied, elle referme la porte d'entrée, qui claque violemment.
Elle a le temps d'apercevoir une ombre qui file sur la terrasse, vers l'appartement voisin. Joëlle n'a pas besoin de réfléchir longuement pour comprendre la situation. La vitre de verre fumé, qui sépare les terrasses des deux logements mitoyens, n'est qu'une protection illusoire, qui peut très facilement s'enjamber.
Joëlle a déjà la main sur la poignée de la porte d'entrée, prête à aller cueillir le lascar sur le palier, lorsque la jeune maghrébine, qui apparemment a repris son souffle plus vite que prévu, se relève et se précipite à son tour vers la terrasse. Joëlle lâche la poignée et se lance à sa poursuite.
D'une poigne ferme, elle lui saisit l'épaule et, déséquilibrée dans sa course, la fille se retourne. Ses yeux noirs brillent d'une fureur de bête sauvage traquée. Joëlle, dans un mouvement réflexe de fureur jusque-là contenue, lui assène une baffe qui la renvoie au tapis. Les bruits étouffés qui proviennent alors du palier indiquent assez clairement à Joëlle que l'autre a réussi à s'enfuir. Mais, la raison reprenant le dessus, elle comprend qu'en essayant de courir tous les lièvres à la fois, elle risque de n'en attraper aucun. Or, elle en tient au moins un avec certitude, ou plutôt une.
Comme il est agréable, après une journée un peu mouvementée, de se retrouver chez soi. Et seule... Car, à vingt-sept ans, la belle jeune femme blonde est toujours une célibataire endurcie. Elle a systématiquement “plaqué” toutes les filles qui voulaient partager un peu plus que son lit ! Si Joëlle apprécie la sensualité d'un beau corps de femme, elle apprécie aussi -et peut-être encore plus- de rentrer chez elle à l'heure des fonctionnaires, d'enfiler sa robe de chambre et ses pantoufles, et d'écouter de la musique en sirotant le dernier petit café de la journée. Et puis, après avoir grignoté un plat surgelé en regardant un téléfilm américain un peu niais, de savourer, pour elle toute seule, le confort de son grand lit.
Mais les douces pensées “pantouflardes” de Joëlle sont interrompues par une violente bourrade qui l'envoie valdinguer sur la moquette du palier.
Même si Joëlle a, depuis quelque temps, un peu délaissé son entraînement de judo, c'est comme la bicyclette, ça ne s'oublie pas ! Une roulade rapide lui permet de se redresser à temps pour saisir le sac de sport que le grand type blond porte sur l'épaule. Ce dernier préfère s'en débarrasser et foncer vers la porte de l'escalier de service. Joëlle, utilisant l'élan que le sac, visiblement assez lourd, a pris en se détachant de l'épaule du jeune voyou, le projette avec force derrière elle, car, du coin de l'½il, elle a remarqué, sortant à son tour de l'appartement, une jeune fille au type maghrébin.
La fille prend le sac en plein dans le ventre. Le souffle instantanément coupé, elle tombe lourdement sur ses fesses. Joëlle ramasse le sac et le lance dans l'appartement, puis avant que la gamine ait repris ses sens, elle la propulse à la suite du sac. Elle jette ses clés sur une petite table et, d'un coup de pied, elle referme la porte d'entrée, qui claque violemment.
Elle a le temps d'apercevoir une ombre qui file sur la terrasse, vers l'appartement voisin. Joëlle n'a pas besoin de réfléchir longuement pour comprendre la situation. La vitre de verre fumé, qui sépare les terrasses des deux logements mitoyens, n'est qu'une protection illusoire, qui peut très facilement s'enjamber.
Joëlle a déjà la main sur la poignée de la porte d'entrée, prête à aller cueillir le lascar sur le palier, lorsque la jeune maghrébine, qui apparemment a repris son souffle plus vite que prévu, se relève et se précipite à son tour vers la terrasse. Joëlle lâche la poignée et se lance à sa poursuite.
D'une poigne ferme, elle lui saisit l'épaule et, déséquilibrée dans sa course, la fille se retourne. Ses yeux noirs brillent d'une fureur de bête sauvage traquée. Joëlle, dans un mouvement réflexe de fureur jusque-là contenue, lui assène une baffe qui la renvoie au tapis. Les bruits étouffés qui proviennent alors du palier indiquent assez clairement à Joëlle que l'autre a réussi à s'enfuir. Mais, la raison reprenant le dessus, elle comprend qu'en essayant de courir tous les lièvres à la fois, elle risque de n'en attraper aucun. Or, elle en tient au moins un avec certitude, ou plutôt une.
- Alors, on visite ?
La fille se redresse lentement. Tous les sens en alerte, Joëlle remarque son coup d'½il furtif vers la table basse voisine. Elle comprend qu'elle va tenter de saisir le gros cendrier de verre qui s'y trouve pour le lui lancer à la figure. Au moment où la main de la fille se détend, Joëlle dévie son geste d'un coup de pied, puis, l'agrippant par son vêtement, elle lui administre un aller-retour qui lui balance la tête de part et d'autre.
Comme elle lui prend le menton pour la forcer à la regarder, la gamine lui mord violemment la main. La douleur fait lâcher prise à Joëlle, et la fille en profite pour courir à nouveau vers la fenêtre ouverte. Elle est déjà sur la terrasse quand Joëlle la rattrape de nouveau. D'un geste précis et bien calculé, elle lui bloque d'un coup les deux épaules en arrière, et la ramène vers l'appartement. Malgré la prise bien assurée, et qui laisse peu de liberté de mouvement à l'adversaire, Joëlle a un peu l'impression de tenir une lionne à qui l'on viendrait d'enlever ses lionceaux.
C'est de nouveau sa ceinture noire de judo qui règle la situation. Dans un mouvement rapide et parfaitement coordonné, elle libère les épaules de son adversaire, et lui tord violemment un bras dans le dos. Les mouvements désordonnés de la fille s'arrêtent dans un hurlement de douleur.
Comme elle lui prend le menton pour la forcer à la regarder, la gamine lui mord violemment la main. La douleur fait lâcher prise à Joëlle, et la fille en profite pour courir à nouveau vers la fenêtre ouverte. Elle est déjà sur la terrasse quand Joëlle la rattrape de nouveau. D'un geste précis et bien calculé, elle lui bloque d'un coup les deux épaules en arrière, et la ramène vers l'appartement. Malgré la prise bien assurée, et qui laisse peu de liberté de mouvement à l'adversaire, Joëlle a un peu l'impression de tenir une lionne à qui l'on viendrait d'enlever ses lionceaux.
C'est de nouveau sa ceinture noire de judo qui règle la situation. Dans un mouvement rapide et parfaitement coordonné, elle libère les épaules de son adversaire, et lui tord violemment un bras dans le dos. Les mouvements désordonnés de la fille s'arrêtent dans un hurlement de douleur.
- Tu vois, ma chérie, là, il me suffit d'insister juste un tout petit peu plus, pour te déboîter le coude, et en insistant encore un peu plus, je peux même te déboîter aussi l'épaule...
La petite sauvageonne doit certainement penser que son adversaire bluffe, car elle tente de se dégager. Joëlle est donc obligée d'augmenter légèrement la torsion du bras. La douleur calme la fille, mais Joëlle sait que cette situation ne peut être que provisoire. Elle ne désire, bien entendu, mettre ses menaces à exécution qu'en dernier recours, mais d'un autre côté, elle est consciente qu'elle ne peut indéfiniment se balader dans l'appartement en tenant sa victime avec le bras replié dans le dos.
Elle se souvient à temps qu'il y a, dans le tiroir de la table de nuit, tout ce qu'il faut pour immobiliser son adversaire. Contrôlant la torsion du bras, elle force la jeune fille à avancer. Arrivée dans la chambre, elle la déséquilibre d'un balayage de la jambe, puis elle la plaque sur le lit et la maintient en position en lui enfonçant son genou dans le dos, pendant que, de sa main restée libre, elle ouvre le tiroir du petit meuble.
Elle en extrait une paire de menottes, dont les bracelets sont heureusement en position ouverte. Lorsqu'elle sent les anneaux de métal se refermer sur ses poignets, la jeune voleuse se met à hurler :
Elle se souvient à temps qu'il y a, dans le tiroir de la table de nuit, tout ce qu'il faut pour immobiliser son adversaire. Contrôlant la torsion du bras, elle force la jeune fille à avancer. Arrivée dans la chambre, elle la déséquilibre d'un balayage de la jambe, puis elle la plaque sur le lit et la maintient en position en lui enfonçant son genou dans le dos, pendant que, de sa main restée libre, elle ouvre le tiroir du petit meuble.
Elle en extrait une paire de menottes, dont les bracelets sont heureusement en position ouverte. Lorsqu'elle sent les anneaux de métal se refermer sur ses poignets, la jeune voleuse se met à hurler :
- J'aurais dû me douter que t'étais un sale con de flic !
Joëlle laisse passer l'insulte sans broncher, pour la bonne raison que la jeune femme n'est pas un fonctionnaire de police, mais un jeune écrivain au succès très prometteur. Le genou toujours appuyé sur les reins de la fille, elle fouille dans le tiroir, et en extrait une deuxième paire de menottes.
Elle se retourne et s'assoit lourdement sur les fesses de la fille, qui continue à proférer des propos, à la fois très crus, et très défavorables à l'image de marque de la Police Nationale.
Malgré la chaleur de ce début du mois de juillet, la fille est vêtue d'un survêtement assez épais, fermé jusqu'au cou. Par contre, elle n'a pas daigné enfiler des chaussettes sous ses “baskets”. C'est donc à même la peau de ses chevilles que Joëlle referme les bracelets de la deuxième paire de menottes.
Comme, malgré cette dernière précaution, la fille continue à se tortiller comme un ver de terre sur un hameçon, Joëlle sort une troisième paire du tiroir, et s'en sert pour relier entre elles les deux autres paires. Cette position assez inconfortable ne permet plus qu'une liberté de mouvement extrêmement restreinte à la petite sauvageonne, qui arrête subitement de proférer des injures : soit elle est à court d'idées, soit elle a besoin de reprendre son souffle !
Joëlle approche une chaise du lit, et s'installe face à sa victime :
Elle se retourne et s'assoit lourdement sur les fesses de la fille, qui continue à proférer des propos, à la fois très crus, et très défavorables à l'image de marque de la Police Nationale.
Malgré la chaleur de ce début du mois de juillet, la fille est vêtue d'un survêtement assez épais, fermé jusqu'au cou. Par contre, elle n'a pas daigné enfiler des chaussettes sous ses “baskets”. C'est donc à même la peau de ses chevilles que Joëlle referme les bracelets de la deuxième paire de menottes.
Comme, malgré cette dernière précaution, la fille continue à se tortiller comme un ver de terre sur un hameçon, Joëlle sort une troisième paire du tiroir, et s'en sert pour relier entre elles les deux autres paires. Cette position assez inconfortable ne permet plus qu'une liberté de mouvement extrêmement restreinte à la petite sauvageonne, qui arrête subitement de proférer des injures : soit elle est à court d'idées, soit elle a besoin de reprendre son souffle !
Joëlle approche une chaise du lit, et s'installe face à sa victime :
- Bon, maintenant, ou bien tu te calmes, ou bien je te fous à poil, je t'attache dans la cabine de douche, et je laisse couler l'eau froide jusqu'à ce que tu sois calmée.
Joëlle se lève, ouvre le tiroir d'une commode, et revient s'asseoir, armée d'une paire de gros ciseaux, qu'elle fait cliqueter d'une façon menaçante :
- Ceci n'est pas destiné à t'égorger, mais à découper tes vêtements, car tu penses bien que je ne vais pas prendre le risque de te détacher pour te déshabiller.
Une nouvelle bordée d'injures - en arabe, cette fois-ci ! - est la seule réponse qu'obtient Joëlle. Elle se lève, et vient s'agenouiller près de sa victime. Posément, elle défait les lacets de l'une de ses chaussures. Lorsqu'elle la lui ôte du pied, elle fait une légère grimace :
- Je crois d'ailleurs qu'un bon bain ne serait pas du luxe, mais je pense que tu le préfèrerais chaud et pris de ton plein gré.
Elle lui agite la chaussure malodorante sous le nez :
- Bon je continue... ou tu te calmes ?
La jeune fille commence - enfin ! - à comprendre que son “adversaire” ne plaisante pas. Elle ne fait aucun signe d'approbation, mais un changement d'expression dans son regard fait comprendre à Joëlle que le message est passé.
- Bon, tu ne bouges pas... je reviens...
Elle lui renfile sa chaussure sans prendre la peine d'en nouer les lacets, puis elle retourne dans le séjour et se dirige vers la terrasse. Après s'être assurée qu'aucun bruit suspect ne provient de l'appartement voisin, Joëlle actionne le commutateur qui permet aux volets métalliques de descendre, isolant ainsi l'appartement des désagréments passagers du monde extérieur.
Joëlle regarde longuement par l'½illeton avant d'ouvrir doucement la porte d'entrée. Le palier semble calme. Le voyou a même eu l'obligeance de claquer la porte de la voisine avant de partir. Joëlle rentre dans son appartement dont elle verrouille soigneusement la porte. Puis elle ouvre le sac qu'elle a arraché au grand gaillard blond. Comme elle s'y attendait, il contient divers bibelots en argent qu'elle reconnaît pour les avoir déjà vus sur les étagères du salon de sa voisine.
Lorsqu'elle revient dans la chambre, elle dit en souriant à sa victime qui n'a pas bougé - et pour cause ! :
- Bon, voilà qui nous évitera les mauvaises surprises, si jamais il prenait à tes copains l'idée de revenir. Ce dont je doute d'ailleurs, car ils doivent penser qu'à l'heure qu'il est, j'ai déjà prévenu la police.
- Mais... mais vous êtes pas de la police, vous ?
- Absolument pas... désolée de te décevoir...
- Mais alors... comment ça se fait que vous ayez des menottes, comme les flics ?
- Mais... mais vous êtes pas de la police, vous ?
- Absolument pas... désolée de te décevoir...
- Mais alors... comment ça se fait que vous ayez des menottes, comme les flics ?
Joëlle sourit :
- Là, je te trouve bien curieuse, ma fille... Bon... passons aux choses sérieuses...
Joëlle s'agenouille près de sa prisonnière. Méthodiquement, elle se met à fouiller les poches du survêtement. Elle n'y trouve que des mouchoirs en papiers, de la monnaie et des chewing-gums. Par contre, en palpant le haut du blouson, elle devine la présence d'un objet rectangulaire. Au moment où elle saisit le chariot de la fermeture éclair, elle dit avec un léger sourire narquois :
- Excuse-moi...
La fille porte son survêtement à même la peau, ce qui permet à Joëlle de découvrir un petit sein bien galbé et ferme, dont la pointe sombre se dresse fièrement. Si, à cette vision, elle ressent une certaine émotion érotique, elle n'en montre rien, et se contente de glisser la main entre le vêtement et la peau, dont l'humidité légèrement poisseuse atténue un peu le satiné, et d'atteindre la poche intérieure. Elle y trouve un porte-carte en plastique qu'elle extirpe délicatement.
Elle ne remonte pas la fermeture éclair, estimant que les désagréments de la soirée valent bien une petite compensation voyeuriste !
Le porte-carte contient quarante euros, quelques papiers et photos divers, et surtout une carte d'identité française :
- Donc, tu t'appelles Rachida Halim, tu es née à Bobigny le... Mais, dis donc, tu vas avoir dix-neuf ans dans une semaine. A mon humble avis, je pense que tu peux déjà décommander le gâteau et les bougies ! Et tu habites à Drancy.
Joëlle s'évente distraitement avec la carte d'identité :
- Bon, maintenant, on va passer aux choses vraiment sérieuses : appeler la police, prévenir ma voisine à son travail...
Rachida se met à gigoter dans tous les sens. Joëlle la regarde avec une surprise feinte :
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Rachida hésite :
- Je... je... j'ai envie de faire pipi !
Joëlle n'est pas dupe : elle sait très bien que cette envie subite n'est qu'un moyen de faire diversion, d'essayer de gagner du temps, en espérant... en espérant quoi, d'ailleurs ?
- Tu es certaine que tu as vraiment envie ?
- Oui !
- Oui !
La jeune maghrébine est soudainement devenue plus sûre d'elle.
- Ça ne peut pas attendre cinq minutes, le temps que je téléphone ?
- Non... Si... si je fais pas maintenant... je... je risque de pisser sur votre lit !
- Non... Si... si je fais pas maintenant... je... je risque de pisser sur votre lit !
Joëlle se retient pour ne pas éclater de rire. La situation commence à beaucoup l'amuser. La police peut attendre. Quant à sa chère voisine, madame Calvier, elle n'avait qu'à être plus prudente, blinder sa porte, et ne pas recevoir chez elle tout un tas de petits gigolos... Joëlle l'avait pourtant prévenue.
- Bon... si c'est si urgent que ça...
Joëlle glisse la main au fond du tiroir de la table de nuit, là où se trouve une petite boîte, dans laquelle sont cachées les clés des menottes. Elle se contente d'ôter la troisième paire, celle qui reliait les deux autres ensemble :
- Et voilà...
Rachida se détend et s'assoit au bord du lit :
- Vous ne m'enlevez pas les autres menottes ?
Joëlle sourit :
- Allons, allons, Rachida... tu me déçois. Tu ne me crois quand même pas aussi bête que ça. Non, les toilettes sont juste à côté. Tu peux sautiller jusque-là. Je vais d'ailleurs t'aider...
Alors que Joëlle allume la lumière de la petite pièce, Rachida demande, avec une pointe d'inquiétude dans la voix :
- Vous... vous allez baisser ma culotte ?
- Pour ce que tu veux faire, ça me semble indispensable...
- Mais... mais...
- Pour ce que tu veux faire, ça me semble indispensable...
- Mais... mais...
Joëlle instille une pointe de dureté feinte dans sa voix :
- Mais... mais peut-être que tu n'as pas du tout envie de faire pipi... Peut-être que ce n'était qu'une man½uvre pour que je te libère les mains... Hmmm ?
Rachida a nettement perdu de sa superbe :
- Non... non... je... je vous assure... j'ai vraiment envie...
- Je préfère... parce que je te préviens que, si tu m'avais menti, je t'aurais de toutes façons baissé la culotte... pour te donner la fessée que tu mérites...
- Je préfère... parce que je te préviens que, si tu m'avais menti, je t'aurais de toutes façons baissé la culotte... pour te donner la fessée que tu mérites...
L'inquiétude naissante se mue presque en panique dans les yeux de la jeune maghrébine :
- Vous... vous n'oseriez pas faire ça ?
- Tu veux parier ? Non ? Bon, alors, on y va...
- Tu veux parier ? Non ? Bon, alors, on y va...
Joëlle s'accroupit devant la jeune fille et, d'un geste sec, fait glisser le pantalon jusqu'aux chevilles. Elle constate deux choses. D'abord que Rachida ne porte pas plus de culotte qu'elle ne porte de soutien-gorge. Ensuite, que la jeune fille aurait vraiment besoin d'un bon bain parfumé. Pourtant, l'odeur un peu âcre qui s'exhale du pubis à la riche toison brune, loin de l'éc½urer, lui provoque une émotion érotique encore plus forte que ne l'avait provoquée auparavant l'apparition du joli petit sein bien galbé. Et c'est d'une voix un peu rauque qu'elle ordonne :
- Bon, maintenant, assieds-toi.
Rachida lève les yeux vers la jeune femme :
- Vous... vous n'allez quand même pas me regarder pendant que je fais pipi ?
Joëlle respire un grand coup pour affermir sa voix :
- Très bien... je vais respecter l'intimité de madame. Pourtant, si tu penses pouvoir en profiter pour te livrer à un mauvais coup, je te préviens que je suis juste à côté, dans le couloir... et qu'au moindre bruit suspect, je rapplique...
Joëlle profite du répit qui lui est ainsi offert pour faire le point dans sa tête.
Si ses copines de “La Touffe en Folie”, le bar de nuit où elle a ses habitudes, la voyaient, elles ne seraient qu'à peine surprises. Joëlle y a en effet une solide réputation de farfelue. Les copines diraient qu'il semble tout à fait évident que, surprenant des cambrioleurs chez elle, la première chose à laquelle songe Joëlle soit de sauter l'élément féminin de la bande !
Elle est tirée de sa rêverie par une voix un peu timide :
- Heu... ça y est... j'ai fini...
Joëlle aide Rachida à se relever, puis jette un oeil dans la cuvette des toilettes :
- Bon... ça va... tu as vraiment fait pipi... Heureusement, ça te permet d'échapper à la fessée...
Joëlle constate, avec amusement, que Rachida a légèrement rougi. Elle continue :
- Attends... je vais t'essuyer...
- Ça... ça n'est peut-être pas la peine...
- Ça... ça n'est peut-être pas la peine...
Joëlle prend l'air faussement sévère :
- Mademoiselle, à dix-neuf ans, vous devriez quand même savoir qu'une jeune fille comme il faut se doit d'avoir un minimum d'hygiène... Bien qu'il ne semble pas que l'hygiène corporelle soit vraiment ta priorité !
Rachida rougit encore plus :
- C'est pas vrai... normalement, j'aime bien être propre... mais... mais, vous comprenez, là où j'étais, je pouvais pas me laver...
- Là où tu étais ?
- Là où tu étais ?
Rachida se rend compte qu'elle était sur le point de trahir ses complices, et sa voix se raffermit :
- Bon... euh... alors vous disiez que vous vouliez m'essuyer ?
Décidément Joëlle s'amuse de plus en plus :
- Allez, penche-toi...
Si la toison du pubis est assez bien fournie, par contre, les poils qui ornent les grandes lèvres sont plus clairsemés. Les petites lèvres, qui paraissent encore plus roses, par contraste avec la peau brune qui les entoure, sont assez minces et très lisses. Joëlle écarte bien la vulve avec ses doigts, avant d'y glisser le papier hygiénique. Son oeil exercé constate que la fille est toujours vierge. Sciemment, elle laisse son index déborder du papier, et caresser la délicate muqueuse. Lorsqu'elle effleure le capuchon clitoridien, Rachida est agitée d'un léger frisson.
- Je t'ai fait mal ?
C'est d'une voix mal assurée que Rachida répond :
- Non... non... ça va...
Lorsque, doucement, presque tendrement, Joëlle relève Rachida, la rougeur du visage de la jeune fille n'est pas due uniquement à la position penchée prolongée. Le vêtement, qui baille toujours, permet à Joëlle de constater que la pointe du sein s'est durcie.
L'aînée regarde longuement sa cadette, puis, d'un geste, lui aussi empreint de tendresse, elle lui caresse la joue. Rachida se laisse faire sans broncher. Elle ne réagit pas plus lorsque Joëlle lui dépose un petit bécot à la commissure des lèvres, ni lorsque la main de la femme se faufile de nouveau dans l'échancrure du vêtement pour caresser le petit sein bien ferme. La moiteur de la peau lui fait dire :
- Tu es certaine que tu n'aimerais pas te laver ?
Rachida, comme Joëlle, semble ne plus être consciente du surréalisme de la situation, car elle répond, presque avec enthousiasme :
- Oh si !
- Viens...
- Viens...
Rachida ne songe même plus à remonter son pantalon, et sautille vers la salle de bain voisine, soutenue par sa geôlière. Une fois la lumière allumée, elle ne peut s'empêcher un petit sifflement :
- Et bien, dis donc, elle est grande, votre cabine de douche : on peut facilement se laver à deux là-dedans.
Joëlle sourit :
- C'était un peu l'idée de départ...
- Pardon ?
- Non, rien... Bon, allez, je vais t'aider à te déshabiller
- Ce serait pas plus facile si vous m'enleviez les menottes.
- Pardon ?
- Non, rien... Bon, allez, je vais t'aider à te déshabiller
- Ce serait pas plus facile si vous m'enleviez les menottes.
Joëlle a surpris, dans le regard de sa prisonnière, une petite lueur qui la ramène brutalement à la réalité :
- Pas si vite, ma cocotte...
Rachida se mord la lèvre, comme pour se punir d'avoir aussi facilement ouvert sa garde. Elle a même peur un instant que la femme ne se ravise, la ramène dans la chambre, et appelle la police. Mais, si l'envie en a furtivement traversé l'esprit de Joëlle, celle-ci veut néanmoins poursuivre encore cette expérience peu ordinaire.
- Allez, assieds-toi sur ce tabouret.
Du pied, Joëlle vient de plaquer le tabouret contre le radiateur, éteint en cette saison, mais dont la tuyauterie va lui être bien utile pour y attacher alternativement le poignet et la cheville de Rachida, pendant qu'elle l'aide à se déshabiller.
La fille est vraiment superbe, un corps très mince, mais avec des rondeurs délicates, et une peau mate qui ne demande qu'à être caressée et embrassée. Mais pour l'instant, Joëlle remise un peu ses envies, pour ne pas commettre de gaffe irréparable.
Ce n'est qu'après avoir attaché le poignet de Rachida à la solide barre de confort de la cabine de douche que Joëlle se permet enfin de relâcher son attention.
- Bouge pas, j'arrive...
Rachida regarde, avec surprise, la jeune femme se déshabiller à son tour. Elle a toujours inconsciemment trouvé le corps des femmes plus joli que celui des garçons, et le corps qui se dévoile devant elle ne fait pas exception à la règle. Grande et bien charpentée, la poitrine généreuse, mais néanmoins ferme et bien accrochée, le fessier rond, les jambes longues et délicatement musclées, Joëlle est ce qu'il est convenu d'appeler une belle femme. Rachida ne peut s'empêcher d'admirer la peau claire et la toison pubienne blonde, qui contraste tant avec les tons plus sombres de son propre corps.
- Vous... vous allez ?
- Me laver avec toi ? Bien entendu... tu as toi-même remarqué tout à l'heure qu'il y avait de la place pour deux...
- Me laver avec toi ? Bien entendu... tu as toi-même remarqué tout à l'heure qu'il y avait de la place pour deux...
Rachida se laisse savonner sans rien dire. Elle n'ose trop s'avouer qu'elle y trouve même beaucoup de plaisir. La longue chevelure nécessite deux bons shampoings pour retrouver son soyeux d'origine. En lui rinçant le corps, Joëlle attarde sa main dans l'entrecuisse de la jeune fille qui se laisse faire, et finit même par fermer les yeux. Elle ne les rouvre pas lorsque les lèvres de la jeune femme se posent sur les siennes.
Les ondes de plaisir qui émanent de sa vulve l'incitent à passer son bras libre derrière les épaules de sa partenaire afin de plaquer encore plus sa bouche contre la sienne.
L'orgasme, qui explose bientôt dans son bas-ventre, est plus fort que tous ceux qu'elle s'était jusqu'ici elle-même procurés dans l'intimité de son lit. Dès que Joëlle relâche son étreinte, elle s'écroule et retombe assise dans le bac de la douche. Joëlle la regarde avec un petit sourire narquois :
- On dirait que ça t'a plu !
Elle s'accroupit près d'elle. La jeune maghrébine tend le bras pour la rapprocher et l'embrasser. Le baiser, très passionné, fait remonter le désir inassouvi dans le bas-ventre de Joëlle. Elle se détache doucement de l'étreinte de sa jeune amante, semble hésiter un instant, puis, précipitamment, se lève, prend la clé dans la poche de son jean, déverrouille la menotte du poignet de Rachida, lui prend la main ainsi libérée, et l'entraîne à sa suite dans l'appartement.
Bientôt, sans même avoir pris le temps de se sécher, les deux femmes sont allongées sur le lit, lovées dans une étreinte passionnée. Délicatement et sensuellement, Joëlle promène ses lèvres sur tout le corps brun de Rachida. Elle s'attarde un peu sur les seins, dont les pointes se redressent sous cette caresse inhabituelle. Puis, après une autre étape autour du nombril, elle atteint le pubis, et promène une bouche gourmande dans l'épaisse toison brune.
Instinctivement, Rachida écarte les cuisses, et la langue de Joëlle pénètre avec avidité dans la belle fleur humide qui s'offre à elle. Ses doigts décapuchonnent le délicat petit clitoris rose, qu'elle suce ensuite avec avidité. Si elle sait éviter l'entrée, toujours vierge, du vagin, elle ne se prive pas de visiter copieusement un autre orifice, plus intime, mais non moins sensible.
Rachida, sous ces caresses, réalise inconsciemment qu'elle s'est toujours refusée à comprendre sa véritable nature, que cette crainte de l'intimité avec les garçons que, hypocritement, elle attribuait à sa religion, à sa race, n'était que le reflet d'un refus plus profond, inhérent à sa personnalité profonde. Alors, à son tour, elle se met à embrasser, à caresser ce corps de femme qu'elle désire tant.
Joëlle s'allonge, bras et cuisses écartés, afin d'offrir au maximum sa peau à la bouche de la jeune fille. Comme elle se rapproche du pubis de Joëlle, les narines de Rachida sont délicatement titillées par l'effluve qui s'en échappe, une odeur à la fois semblable et différente de celle qui parfume ses doigts lorsqu'elle vient de se faire jouir, le soir dans son lit. Elle a, tout à coup, une envie irrésistible d'imprégner totalement, non seulement ses narines, mais aussi sa bouche de cet effluve.
Elle lèche avec avidité les languettes roses, assez larges et légèrement fripées de la vulve de sa compagne. Elle trouve facilement le petit bouton rose, caché à la commissure des lèvres. Lorsqu'elle l'effleure avec sa langue, le corps de Joëlle se cambre de plaisir.
Elle avance un doigt timide vers l'entrée du vagin. Elle n'y rencontre pas la résistance de l'hymen, comme dans son propre vagin, et se permet donc une exploration plus approfondie.
L'un de ses doigts, dégoulinant de cyprine, sort du vagin et explore délicatement l'entrée de l'anus. N'osant déflorer son vagin, Rachida avait compensé ce manque en abusant généreusement de la masturbation anale. Elle avait donc beaucoup aimé les caresses très adroites que Joëlle lui avait prodiguées en cet endroit. Saura-t-elle lui rendre cette caresse avec autant d'habilité ? Les soupirs de plaisir qui s'échappent bientôt de la bouche de sa partenaire la rassurent quant à ses capacités en ce domaine.
Epuisées après leurs orgasmes multiples, les deux filles sont allongées côte à côte, laissant leur respiration reprendre un rythme normal. Rachida cherche, puis trouve la main de la jeune femme :
- Tu sais... j'aimerais bien rester avec toi...
Joëlle se redresse sur un coude, et regarde sa compagne avec un sourire amusé :
- Toi, tu n'es pas ordinaire ! Tu commences par cambrioler mon appartement, puis tu me tapes dessus, tu me mords... et tu finis par me demander de vivre avec moi... J'ai reçu bien des propositions dans ma vie... mais, je dois l'avouer, jamais dans de telles conditions !
Rachida se soulève à son tour :
- Excuse-moi de t'avoir dit ça... Je sais que c'est idiot... mais ça m'a échappé... parce que je me sens si bien, là, avec toi...
- Ecoute, avant d'en arriver à la demande en mariage... si on commençait par le commencement... c'est-à-dire si tu me disais un peu qui tu es, d'où tu viens, et comment tu en es arrivée à jouer les monte-en-l'air dans les appartements des beaux quartiers parisiens...
- Ecoute, avant d'en arriver à la demande en mariage... si on commençait par le commencement... c'est-à-dire si tu me disais un peu qui tu es, d'où tu viens, et comment tu en es arrivée à jouer les monte-en-l'air dans les appartements des beaux quartiers parisiens...
* * * * *
Tout. Rachida a tout raconté à Joëlle. Tout. De son enfance heureuse et insouciante dans un petit pavillon de la banlieue parisienne, de ses brillantes études secondaires, couronnées par un bac Littéraire, obtenu quelques semaines auparavant. De sa passion pour la musique de jazz, et de son talent inné de pianiste autodidacte.
Tout. De cet avenir prometteur qui s'ouvrait devant elle, avec le choix entre les études littéraires, le droit, ou bien la musique. De ses doutes sur la religion en général, et l'islam en particulier.
Tout. Jusqu'à ce jour, une semaine auparavant, où une indiscrétion de l'une de ses cousines lui avait fait comprendre que les vacances au pays, cette année, seraient des vacances sans retour. Là-bas, son mariage avec un riche cultivateur était déjà arrangé.
Tout. Comment Rachida s'était alors sauvée du domicile familial pour se réfugier dans le squat qu'occupait son cousin Ali, le fils du frère de sa mère, mais aussi le paria de la famille, celui que même son propre père avait renié. Comment Rachida était restée trois jours sans oser se déshabiller, sans se laver, faisant ses besoins en cachette, calant la porte de sa chambre avec une chaise en équilibre, pour éviter les mauvaises surprises nocturnes, et finissant par jeter ses sous-vêtements devenus trop crasseux.
Tout. Comment Ali profitait de son physique de beau gosse et de son bagout intarissable, pour séduire des femmes mûres en manque, et venait ensuite cambrioler leur appartement... et accessoirement celui du voisin !
Tout. Enfin, comment Ali avait annoncé à Rachida que, pour payer ses “frais de séjour”, elle devait l'aider, lui et son complice, à effectuer leur prochain cambriolage. Son complice... le sournois Bruno Ganache, celui à cause duquel elle se barricadait la nuit, et dont elle se méfiait le jour...
Lorsque Rachida avait terminé son récit, en larmes, car elle avait l'impression que Joëlle ne la croyait qu'à moitié, la jeune femme avait consolé Rachida, et elles avaient refait l'amour. Très fort. Encore plus fort qu'auparavant. Puis, épuisée par plusieurs orgasmes presque successifs, Joëlle s'était endormie... presque dans les bras de Rachida.
Alors, doucement, sans bruit, Rachida s'est rhabillée, avec son vieux survêtement malodorant. Elle aurait pu emprunter des vêtements propres à Joëlle, mais elle ne veut rien emporter d'elle, que son odeur sur sa peau, et le souvenir du doux contact de sa main et de sa bouche sur les parties les plus intimes de son corps. Elle n'a donc rien emporté, pas même le sac que Joëlle avait récupéré à Bruno. Car sa décision est prise : elle ne retourne pas chez Ali. Elle sait que cette solution précaire ne peut que mal se terminer.
Alors, elle va retourner chez ses parents, et leur annoncer qu'elle accepte leur proposition. Sa seule crainte est que Joëlle la dénonce avant qu'elle ne puisse partir. Après avoir récupéré sa carte d'identité, elle prend le temps de laisser un petit mot en évidence : “Je te promets sur ce que j'ai de plus cher, que tout ce que je t'ai dit est la vérité. Je te promets aussi de rentrer dans le droit chemin, de ne plus voir Ali. Je te promets enfin que je ne t'importunerai jamais avec mon amour, trop encombrant pour toi. Je t'aimerai toujours. Je t'embrasse tendrement. Rachida.”
* * * * *
Rachida avance, un peu comme une somnambule, vers le guichet, où des policiers en uniforme contrôlent les passeports. Au moment où la file d'attente redémarre, son père est obligé de la pousser pour la faire avancer. Car ses parents, échaudés par sa fugue, ont tenu à l'accompagner pour son voyage “au pays”. Pays, qu'elle a du mal à ressentir vraiment comme le sien. Pays où elle n'est pas née, où elle n'est allée qu'en vacances, dont elle ne parle que très mal la langue, mais pays aussi qui va redevenir le sien, et dont elle ne repartira peut-être jamais.
Elle regarde autour d'elle, ce hall d'aéroport impersonnel, mais qui représente quand même la France, la France, dont elle parle - et écrit - fort bien la langue, dont elle connaît si bien la littérature, la poésie...
Elle ne peut s'empêcher de penser aussi à cette expérience unique, qu'elle a vécue si peu de jours auparavant, et qui lui semble déjà si lointaine... cette révélation sur elle-même, sur sa nature profonde...
- Passeports, s'il vous plaît...
Mohamed Halim tend les trois passeports au fonctionnaire qui les examine avec attention, puis les pose sur son bureau :
- Attendez une seconde...
Le père de Rachida s'inquiète :
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien, ne vous en faites pas... un contrôle de routine.
- Rien, ne vous en faites pas... un contrôle de routine.
Ils se trouvent pourtant rapidement entourés par trois policiers, et un brigadier, qui prend les passeports que lui tend son collègue.
- Veuillez nous suivre...
- Mais enfin... on est en règle... on part en vacances au pays...
- Ne vous en faites pas, monsieur, calmez-vous, et tout se passera bien.
- Mais enfin... on est en règle... on part en vacances au pays...
- Ne vous en faites pas, monsieur, calmez-vous, et tout se passera bien.
Rachida n'a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour deviner la raison pour laquelle ils sont ainsi emmenés, avec courtoisie, mais fermeté. Ses soupçons ne font que se confirmer lorsque, arrivés au poste de police, on les sépare immédiatement, son père et sa mère d'un côté, et elle, toute seule, de l'autre. Alors que deux policiers, un homme et une femme l'entraînent, sans brutalité, mais néanmoins avec détermination, dans un couloir, elle entend son père qui crie :
- Mais laissez ma fille... Qu'est-ce que vous lui voulez, à ma fille ?
Des couloirs, une voiture qui se faufile dans le trafic de l'aéroport en faisant hurler sa sirène, puis un grand bâtiment à l'aspect austère. Encore des couloirs, un ascenseur, et finalement un bureau un peu solennel, derrière lequel trône un commissaire en uniforme :
- Asseyez-vous, mademoiselle Halim, je vous en prie...
Surprise par cette courtoise à laquelle elle ne s'attendait pas, Rachida obéit et s'assoit dans un confortable fauteuil de cuir. L'officier se lève alors, et se dirige vers une porte, qu'il ouvre lentement :
- Vous pouvez entrer, mademoiselle, elle est arrivée...
Rachida croit rêver lorsqu'elle entend une voix féminine répondre :
- Merci, commissaire...
Cette voix, ce n'est pas possible, ce ne peut être que...
- Alors on voulait partir sans me dire au revoir...
Rachida s'est redressée d'un bond :
- Jo... Joëlle, mais... mais qu'est-ce que tu fais là ?
Le commissaire vient de s'éclipser par la porte qu'il a refermée, et Joëlle s'avance vers le bureau. Rachida s'exclame :
- Alors, en définitive, ma première intuition était la bonne : tu étais bien un flic !
Joëlle s'assoit derrière le bureau, et regarde la jeune fille avec un grand sourire satisfait :
- Erreur, ma chérie, je ne suis pas policier. Je suis écrivain. Mais mon père, lui, est policier...
- Ton père ?
- Oui, je suis comme tout le monde, j'ai un père et une mère, qui sont divorcés, comme beaucoup de parents à notre époque. Ma mère a connu mon père, alors qu'elle était attachée culturel à l'ambassade de Grande-Bretagne. Donc, ayant été élevée dans les deux cultures, je suis parfaitement bilingue, ce qui me permet d'écrire directement en anglais et... Mais je ne sais pourquoi, j'ai l'impression que mes prouesses littéraires ne te passionnent guère. Pourtant, je suis déjà assez célèbre, tu sais, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis...
- Mais... mais enfin... qu'est-ce que tu fais ici ?
- On y vient. Voilà... Mon papa, lorsqu'il a connu ma maman, n'était qu'un simple commissaire divisionnaire. Depuis, il a gravi les échelons de la hiérarchie et a atteint le plus haut grade que puisse atteindre un fonctionnaire de police, celui d'Inspecteur Général. Mon papa est, en fait, l'un des patrons de la police nationale. Voilà pourquoi le sympathique commissaire principal que tu viens de rencontrer, m'a laissé son bureau avec autant d'empressement.
- Ton père ?
- Oui, je suis comme tout le monde, j'ai un père et une mère, qui sont divorcés, comme beaucoup de parents à notre époque. Ma mère a connu mon père, alors qu'elle était attachée culturel à l'ambassade de Grande-Bretagne. Donc, ayant été élevée dans les deux cultures, je suis parfaitement bilingue, ce qui me permet d'écrire directement en anglais et... Mais je ne sais pourquoi, j'ai l'impression que mes prouesses littéraires ne te passionnent guère. Pourtant, je suis déjà assez célèbre, tu sais, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis...
- Mais... mais enfin... qu'est-ce que tu fais ici ?
- On y vient. Voilà... Mon papa, lorsqu'il a connu ma maman, n'était qu'un simple commissaire divisionnaire. Depuis, il a gravi les échelons de la hiérarchie et a atteint le plus haut grade que puisse atteindre un fonctionnaire de police, celui d'Inspecteur Général. Mon papa est, en fait, l'un des patrons de la police nationale. Voilà pourquoi le sympathique commissaire principal que tu viens de rencontrer, m'a laissé son bureau avec autant d'empressement.
Rachida s'est rassise :
- Mais enfin... pourquoi... pourquoi ?
- Pourquoi je t'ai fait venir ici ? Je ne sais pas, mais quelque chose, dans ma petite tête, me disait que tu ne partais pas vraiment de gaieté de c½ur...
- Pourquoi je t'ai fait venir ici ? Je ne sais pas, mais quelque chose, dans ma petite tête, me disait que tu ne partais pas vraiment de gaieté de c½ur...
Joëlle s'est renversée dans son fauteuil. Elle semble beaucoup s'amuser :
- Alors, j'ai voulu en avoir le c½ur net. D'un côté, tu as peut-être changé d'avis par rapport à ce que tu m'as raconté l'autre jour, et tu as vraiment envie d'épouser ton sympathique cultivateur. Mais d'un autre, j'aimerais que tu prennes ma modeste proposition en considération...
- Ta... ta proposition ?
- Oh, certes je sais qu'elle ne peut rivaliser avec la séduisante vie de fermière qui t'attend : le grand air, les légumes frais, la joie d'être saluée avec déférence par les valets de ferme. Moi, ce que je te propose, c'est de partager la vie d'un écrivain, d'une artiste, donc d'une farfelue. Il y aura des soirées dans des bars enfumés, des voyages impromptus aux Etats-Unis, des décalages horaires, des nuits dans des hôtels de luxe, froids et impersonnels.
- Ta... ta proposition ?
- Oh, certes je sais qu'elle ne peut rivaliser avec la séduisante vie de fermière qui t'attend : le grand air, les légumes frais, la joie d'être saluée avec déférence par les valets de ferme. Moi, ce que je te propose, c'est de partager la vie d'un écrivain, d'une artiste, donc d'une farfelue. Il y aura des soirées dans des bars enfumés, des voyages impromptus aux Etats-Unis, des décalages horaires, des nuits dans des hôtels de luxe, froids et impersonnels.
Rachida la regarde, un peu étourdie par ce déluge verbal :
- Mais enfin, si je comprends bien, tu me proposes ?
- De vivre avec moi, ou du moins, d'en tenter l'expérience... L'avenir, seul, pourra nous révéler si l'idée était judicieuse...
- De vivre avec moi, ou du moins, d'en tenter l'expérience... L'avenir, seul, pourra nous révéler si l'idée était judicieuse...
Rachida se lève d'un bond :
- Joëlle, tu te fous de moi, ou pas ?
- Non, pas du tout. C'est vrai que je viens de m'amuser un peu à tes dépens... mais je suis aussi très sérieuse : j'ai vraiment envie, pour la première fois de ma vie, de tenter l'expérience de la vie commune, du partage... mais... mais toi, tu n'en as peut-être plus envie.
- Non, pas du tout. C'est vrai que je viens de m'amuser un peu à tes dépens... mais je suis aussi très sérieuse : j'ai vraiment envie, pour la première fois de ma vie, de tenter l'expérience de la vie commune, du partage... mais... mais toi, tu n'en as peut-être plus envie.
Rachida fait précipitamment le tour du bureau, et se précipite, en larmes, dans les bras de son amie.
Tout à coup, interrompant brutalement leur long baiser passionné, Rachida détache sa bouche de celle de Joëlle, et promène un regard inquiet autour d'elle :
Tout à coup, interrompant brutalement leur long baiser passionné, Rachida détache sa bouche de celle de Joëlle, et promène un regard inquiet autour d'elle :
- Dis donc... c'est pas grave si on s'embrasse ici ?
- Tu sais, ça aide d'avoir un papa qui est le grand patron de la boutique !
- Tu sais, ça aide d'avoir un papa qui est le grand patron de la boutique !
